Les néonicotinoïdes ont définitivement fait leur grand retour via le projet de loi d’urgence agricole après le passage du texte au Sénat. Comme nous l’annoncions, il était certain que ce sujet serait au cœur des tractations dans le cadre de la commission mixte paritaire (CMP). Cette CMP, réunissant 7 députés et 7 sénateurs dont les noms ne sont pas encore officiellement connus, aura la charge de trouver un accord.
Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, et Laurent Duplomb ont d’ores et déjà commencé à avancer leurs pions. Ce premier a annoncé sur TF1 le 6 juillet “Nous avons besoin de la totalité des articles que contient cette loi. S’il faut trouver sur certaines productions des modifications ou des arrangements notamment concernant l’acétamipride, nous sommes prêts à regarder.”
Alors que tous les regards sont braqués sur l’acétamipride, et que le débat est consciencieusement circonscrit à cette substance, le flupyradifurone fait son chemin.
En effet d’après les informations récoltées par le média Contexte, Laurent Duplomb aurait proposé à Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, de revoir le texte pour supprimer le recours à l’acétamipride pour les filières de betteraves sucrières et de pommes tout en leur laissant la possibilité d’utiliser le flupyradifurone et ceci n’est pas une bonne nouvelle.
Le flupyradifurone est une molécule qui pourrait être utilisée en traitement de semence pour la production de betteraves sucrières. Comme le publions dans notre “Vrai du Faux” mis à jour avec de nouvelles données, cet usage utilisé par définition en préventif risque d’entraîner des surfaces traitées de plusieurs centaines de milliers d’hectares.
Or, d’après les modélisations de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), tous les usages du flupyradifurone évalués entraînent une contamination des eaux souterraines au-delà de la limite…
Auteur: yoanncoulmont

