Le collectif Anastasis qui entend déployer une réflexion politique et anticapitaliste depuis la théologie chrétienne, nous a transmis ces réflexions sur l’euthanasie. Faut-il laisser à l’État le droit de déterminer les contours d’une une vie digne d’être vécue ?
Alors que les attaques sur l’hôpital public ne cessent pas depuis des décennies, que le gouvernement Macron accélère l’emprise du capital sur nos vies, une nouvelle proposition « progressiste » vient contenter le ventre mou du social-libéralisme : le projet de loi sur l’aide active à mourir. Cette perspective de réforme, ouverte au nom du « progrès », risque en réalité d’être une régression morale.
La voie sur laquelle s’engage la majorité présidentielle doit susciter une réaction ferme de la gauche anticapitaliste. Nous, chrétiennes et chrétiens, pensons qu’il faut engager une réflexion sur l’euthanasie à partir de ce que nous sommes : des êtres inégaux face à la mort, face au système validiste et à l’eugénisme rampant qui marquent notre société.
Fin de vie sous le capital
En régime capitaliste, on ne meurt pas bien : ce n’est pas une nouveauté.
Riche ou pauvre, notre espérance de vie en bonne santé n’est pas la même. Métiers pénibles, accès aux soins tout au long de la vie, habitat, exposition au bruit, à la pollution de l’air, aux pollutions industrielles et agricoles, accès à une alimentation de qualité… Le corps des ouvriers et ouvrières, des femmes, des paysans et paysannes est bien abîmé quand la dernière heure arrive. L’œuvre, la vie et la mort de Joseph Ponthus nous le montrent bien.
La mort est de plus en plus une épreuve solitaire, vécue dans des structures publiques ou privées au fonctionnement dégradé marquées par une recherche de l’efficacité économique. Les personnes âgées, notamment, parce qu’elles ne peuvent plus prouver leur valeur économique, sont considérées comme des poids : poids sociaux et poids pour les proches. Cela sépare le monde en deux catégories de personnes : valides et non valides, sur le seul critère de la rentabilité économique et de la capacité à participer au système productif capitaliste.
Dans ces conditions, comment penser que libéraliser l’euthanasie va rendre la vie et la mort meilleures, plus « dignes » ?
Contre un droit au suicide, pour l’accompagnement
Soyons clairs : ce n’est pas à la possibilité de choisir la manière dont nous serons accompagnés vers la mort que nous nous opposons. Il nous faut…
La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: lundimatin

