Promis le ciel
Promis le ciel / Erige Sehiri / 1 h 32.
Une petite fille de cinq ou six ans, dans une baignoire, est lavée par trois femmes qui lui posent des questions sur le parcours qu’elle vient d’accomplir. Une traversée traumatisante. Elle évoque des gens serrés sur un bateau, un homme dangereux muni d’un couteau, un naufrage, beaucoup de noyés. Les trois femmes savent que ses parents en font partie. La petite orpheline, Kenza, est une exilée comme Marie (Aïssa Maïga), Jolie (Laetitia Ky) et Naney (Debora Lobe Naney) qui l’entourent, toutes trois venues de Côte d’Ivoire jusqu’en Tunisie, espérant une vie meilleure. Erige Sehiri les a choisies pour protagonistes de son nouveau long métrage, Promis le ciel, présenté en ouverture de la section Un certain regard.
Sur le même sujet : « Sous les figues », d’Erige Sehiri (Cannes, Quinzaine des réalisateurs) ; « 99 Moons », de Jan Gassmann (Cannes, Acid)
Comme le précédent, Sous les figues, qui se déroulait également en Tunisie, où la cinéaste, française, s’est installée en 2011 – année de « la révolution du jasmin » – Promis le ciel est un film choral. Mais là où le premier cité avait une quasi unité de lieu, ce nouvel opus est géographiquement plus éclaté, même si le point d’ancrage est, à Tunis, la maison de Marie, où elle conduit des offices religieux – elle est pasteure de l’Église évangélique ayant dû mettre en pause sa carrière de journaliste. Jolie, étudiante, y habite contre de l’argent qu’envoie son père à Marie. Précaire, sans papiers, Naney y est hébergée : depuis 3 ans qu’elle est en Tunisie, elle s’interroge…
Auteur: Christophe Kantcheff

