« Combien de potagers contaminés sans que les gens le sachent ? » Voici ce que confiait à Basta! en 2023 un agriculteur bio qui a vu ses récoltes de sarrasin polluées par le prosulfocarbe. Sa crainte était fondée. Des résultats d’analyses publiés ce 22 janvier par le Groupement des Agriculteurs Bio du Loir-et-Cher (GABLEC) révèlent une contamination par le prosulfocarbe des jardins potagers de particuliers.
Selon cette étude, deux tiers des échantillons de fruits et légumes testés dans les potagers de résidents volontaires en zones urbaines et rurales, sont contaminés. Dans 40% des échantillons testés, les taux dépassent les limites maximales en résidus (LMR) autorisées pour la commercialisation. Pour la FNAB (Fédération nationale de l’agriculture biologique) et l’association Générations Futures, qui co-publient l’étude, « ces données confirment une pollution environnementale que nos organisations dénoncent sans succès depuis des années ».
Des productions agricoles détruites en cas de contamination
Le prosulfocarbe est l’herbicide le plus vendu en France après le glyphosate, mais son nom est loin d’être aussi connu. Son utilisation a beaucoup augmenté ces dernières années avec 6326 tonnes achetées en France en 2023. Selon un rapport de l’INRAE, il est utilisé sur la moitié des surfaces en blé tendre et deux tiers des surfaces de pommes de terre. Au total, les surfaces avec des cultures traitées au prosulfocarbe représentent 7,6 millions d’hectares en France.
L’une des caractéristiques du prosulfocarbe est son extrême volatilité, c’est-à-dire sa très forte dispersion dans l’air. Des travaux suggèrent que le prosulfocarbe puisse parcourir « de longues, voire…
Auteur: Sophie Chapelle

