« On m’a toujours envoyé chez mon père un week-end sur deux et la moitié des vacances alors même qu’il préférait le vin rouge et avait ‘la main leste‘, se souvient François*, 35 ans, placés avec son frère en foyer durant son enfance. On était terrorisés par ce type qui cognait, et était armé. On l’a dit dès le début du jugement. » L’enfant s’oppose à ce droit de visite et d’hébergement, et prend même le chemin du commissariat à de nombreuses reprises pour signifier son refus d’aller voir cet homme condamné plusieurs fois pour abandon de famille. « Je disais aux policiers : ‘Je ne veux pas, je n’irai pas.’ »
Les prénoms suivis d’une astérisque ont été modifiés.
Lorsque François demande à parler seul avec la juge, cela lui est refusé. « Elle considérait qu’à 7 ans cette parole ne pouvait pas venir de moi. On me trouvait trop tranché, avec un discours trop élaboré, comme si je ne pouvais pas penser par moi-même parce que j’étais un enfant. J’étais trop jeune pour que ma parole soit considérée. J’étais une potiche, pas un sujet de droit. »
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Le manège dure jusqu’à ses 14 ans. Comment expliquer cette posture familialiste de la justice française ? Car la Convention internationale des droits de l’enfant (Cide) stipule, dans son article 9, le droit de l’enfant à ne plus vivre avec ses parents s’il est nécessaire à son intérêt supérieur, « par exemple lorsque les parents maltraitent ou négligent l’enfant ».
Notre système de…
Auteur: Elsa Gambin

