
La protection de l’enfance n’est plus confrontée à une crise passagère, mais à une crise structurelle. Près de 400 000 mineurs et jeunes majeurs sont aujourd’hui confiés à notre responsabilité collective. C’est 40 % de plus qu’il y a vingt ans. Face à l’ampleur de la tâche, la République ne parvient plus à tenir ses promesses : garantir à ces enfants sécurité, stabilité et perspectives d’avenir.
Les alertes viennent de tous côtés : juges des enfants, défenseure des droits, Cour des comptes, Parlement, associations, professionnels… et surtout des enfants eux-mêmes.
Des milliers d’entre eux ne sont plus mis à l’abri faute de places, les inégalités territoriales s’amplifient, la pénurie de professionnels s’accélère, la santé, notamment mentale, demeure un angle mort, trop de sorties sèches à la majorité perdurent et sont d’une rare violence.
Les solutions existent déjà
Ce diagnostic est connu. Le répéter sans apporter de solution est intolérable. Tout comme il est intolérable de voir l’urgence devenir la règle dans la protection de l’enfance.
Aucune société ne devrait se résigner à ce que des enfants subissent la précarité du système censé les protéger. Aucune société ne devrait accepter que la protection de l’enfance soit réduite à la gestion de l’urgence, où l’on colmate, où l’on déplace, où l’on pallie, au lieu de prévenir, soigner et construire des parcours durables.
La frustration est d’autant plus grande que les solutions existent déjà. Partout en France, des professionnels, des associations et des collectifs montrent qu’il est possible de prévenir les ruptures, de renforcer l’accès aux soins, de proposer, lorsque c’est possible, des alternatives au placement ou encore de mieux accompagner les jeunes vers l’autonomie.
Trop souvent, ces réussites restent locales. Elles reposent sur l’engagement de…
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