Selon l’Insee, en 2018, la France enregistre un préoccupant taux de pauvreté monétaire de 20,3 % des enfants de moins de 3 ans, contre 14,8 % de l’ensemble de la population. Cette pauvreté des plus jeunes se retrouve de façon prégnante chez les enfants vivant en famille monoparentale ou en famille nombreuse avec un ou deux parents inactifs.
Parmi eux, de nombreux petits commencent leur existence sans refuge protecteur, sans toit. La Fédération des acteurs de la solidarité et l’Unicef, dans leur 6e baromètre, alertent sur la présence de 2 043 enfants sans solution d’hébergement dans la nuit du 19 août 2024, dont 467 ont moins de 3 ans. Cette insoutenable photographie ne prend, de surcroît, pas en considération les enfants dont les parents ne recourent pas au 115 ou ne parviennent pas à joindre ce numéro d’urgence sociale et tous les autres vivant en squats ou en bidonvilles.
Malgré les moyens consentis par l’État aux associations du très social dans la dernière décennie, il est incontestable que les centres d’accueil destinés aux « pas ou mal » logés avec enfant(s) sont toujours non seulement insuffisants en nombre, mais aussi insatisfaisants par leur caractère temporaire et par la faible prise en considération de la spécificité liée à l’accueil des plus jeunes.
Accompagner les parents et les éducateurs
Notre pays doit urgemment mettre en place un dispositif d’hébergement d’urgence dédié aux familles, à la hauteur du besoin. Et, après cette mise à l’abri immédiate de premier niveau, il doit penser à de nouvelles formes de structures protectrices et stabilisatrices, où la mise en sécurité des jeunes enfants et leur bien-être constitueraient deux absolues priorités. Outre l’aménagement des établissements qui nécessiteraient des espaces et des mobiliers mieux pensés à l’instar de ce qu’Amélie Freyche, architecte d’intérieur et designer, a pu proposer pour les…
Auteur: Aurélie El Hassak-Marzorati

