Jean-Philippe Echassoux est paysagiste-permaculteur. Il a rencontré le Brésilien Bruno Araújo Pereira, défenseur des indigènes de la forêt amazonienne, quand il travaillait au Brésil, dans la Vallée du Javari, pour une ONG qui défendait aussi les populations autochtones.
« Comment sauver l’Amazonie ? » allait être le titre du prochain livre du journaliste britannique Dom Phillips, assassiné début juin avec le défenseur des indigènes brésiliens Bruno Araújo Pereira, dans le nord-ouest de l’Amazonie brésilienne. Au vu de cette bien triste nouvelle, j’ajouterai une autre question : comment pouvons-nous protéger les gardiens de l’Amazonie — les peuples indigènes, et celles et ceux qui les défendent, les indigénistes ?
C’est une question qui n’en finit pas de se poser. En 1988, trois ans après la fin de la dictature militaire brésilienne, et sous la pression de leaders indigènes et indigénistes, la nouvelle Constitution fédérale brésilienne reconnaissait pourtant aux peuples indigènes le droit inaliénable de vivre sur leurs terres ancestrales, et de jouir de l’usufruit de toutes les ressources du sol. Le statut juridique de « Terre indigène » était créé.
En protégeant aujourd’hui les 676 178 indigènes brésiliens, appartenant à 262 peuples, il crée un rempart légal pour veiller sur la biodiversité amazonienne. Toute exploitation économique des ressources du sol de ces territoires est interdite. Seul un permis délivré par la Fondation nationale de l’Indien (Funai), institution publique chargée de faire appliquer la politique indigéniste brésilienne, permet aux non-indigènes d’y entrer. Ce dispositif a permis de limiter la déforestation : des chiffres montrent en effet qu’entre 2000 et 2014 le taux de déforestation a été inférieur en Terres indigènes (moins de 2 %) à celui du reste de l’Amazonie (en moyenne, 19 %).
#Brazil RSF expresses its outrage and sadness at the confirmed deaths of Bruno Araujo Pereira, a Brazilian indigenous communities activist, and British reporter Dom Phillips in Vale do Javari. pic.twitter.com/9nyoLt4SXL
— RSF (@RSF_inter) June 16, 2022
Bruno Pereira coordonnait la Funai régionale de la Vallée du Javari quand je l’ai rencontré. Il adorait être dans la forêt avec les indigènes et chanter avec eux. Il parlait quatre de leurs langues et ne se lassait pas de ces traversées en pirogue, au cœur de la forêt, qui durent des heures. Son dévouement lui permit de démanteler soixante sites d’orpaillage illégal à…
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Auteur: Reporterre

