Seuls 30 % des surfaces agricoles sont couvertes par les assurances en cas de crise climatique. Pour répondre au défi de la vulnérabilité, les stratégies individuelles comme les politiques publiques doivent se concentrer sur la recherche de résilience.
Cet article est publié en partenariat avec Mermoz, la revue du Cercle des économistes dont le numéro 6 a pour objet, « Le système alimentaire à l’heure des choix ».
Le changement climatique a des impacts multiples sur de nombreux secteurs d’activité, tant dans les pays industrialisés que dans les pays du Sud. Ces impacts résultent non seulement de l’augmentation des températures moyennes, mais aussi de la fréquence et de l’intensité accrues des événements météorologiques extrêmes, tels que les sécheresses et les tempêtes. L’agriculture, en particulier, est fortement concernée.
Ainsi, en 2024, le ministère de l’agriculture indique que la production des céréales à paille en France a subi une baisse de 22 % par rapport aux cinq années précédentes, en raison de conditions climatiques extrêmes. Des études menées par Maxime Ollier et ses coauteurs ont démontré que les risques climatiques affectent de manière hétérogène les secteurs agricoles, en fonction des systèmes de production et de la localisation des exploitations.
Un taux de couverture de l’assurance récolte limité
Le réflexe naturel qui vient à l’esprit quand on parle de risque est d’envisager la couverture assurantielle. Ainsi il existe une offre d’assurance « multirisque récolte », qui, en théorie, devrait couvrir les acteurs contre les chocs liés au climat. Or, plusieurs facteurs limitent la portée de cette solution. En effet, le taux de couverture de l’assurance récolte est aujourd’hui limité en France : seuls 30 % des surfaces agricoles sont couvertes.
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Auteur: Philippe Delacote, Directeur de recherche en économie à l’INRAE et Chaire Economie du Climat, Inrae

