Il y a deux manières de juger du sens d’une situation. Du dedans ou du dehors. Du dedans : en développement le point de vue que confère une position relative en son sein. C’est-à-dire : prétendre répondre à la question qu’elle pose. Du dehors : prendre un point de vue qui fasse disparaître le problème et sache éteindre le Sphinx de sa résolution. Lorsque nous sentons que nous pouvons adopter un point de vue du dehors, que ce sentiment se fait de plus en plus tenace, qu’il en devient impérieux et viscéral, au point d’exiger une hypothèse et une formulation, c’est que la situation est devenue « révolutionnaire ».
À ce moment-là, nous comprenons qu’aucune ruse, qu’aucun bidouillage, qu’aucun stratagème intérieur à la situation ne saurait en maintenir indéfiniment le statu quo – car ses contradictions réelles, écrasantes, ne lui conservent jamais, dans la structure même des faits, qu’une apparence d’unité et de stabilité toute formelle, qui dissimule encore – pour la conscience de celles et ceux qui continuent de penser depuis la situation – la « triste opacité » de son « spectre futur ».
Le philosophe réactionnaire Oswald Spengler utilise une métaphore conceptuelle excellente qu’aucune règle de l’éthique révolutionnaire n’interdit de se réapproprier : il parle, à propos de ces situations qui n’ont pas le sens de ce qu’elles montrent, de « pseudomorphose ». La pseudomorphose est un terme de géologie qui désigne la substitution par infiltration de sédiments à l’intérieur des cavités creusées d’un minéral d’un certain type à tel point qu’à la fin ce minéral n’en a plus que l’apparence, tant il a changé en substance, intérieurement, du tout au tout. C’est le cas, aujourd’hui, en France, en Europe et ailleurs, pour ce que l’on aura appelé la « démocratie parlementaire et semi-présidentielle » – le pire des régimes, à l’exception…
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Auteur: dev

