Psychose en manifestive : ai-je trouvé le rêve technoïde ?

Samedi 12 avril, plus de 2000 « teufeurs » et 20 chars se sont retrouvés dans les rues de Nantes pour protester et dans contre la répression galopante des free party. Un participant nous a transmis ce récit gonzo, « sale, halluciné, lucide et déglingué ».

Je pensais couvrir une manifestation à Nantes, un samedi après-midi, sous un temps bipolaire, contre la répression des free-party. Mauvais jugement, j’ai fini en pleine psychose éthylique à danser timidement avec mes clopes comme seule arme.

Nous sommes descendus du train vers 10h du matin. Ce jour-là, il faisait moche. Nous avions faim d’informations conséquentes — et surtout de philosophies technoïdes. Epitha et moi sommes musiciens. On cuisine de l’expérimentation musicale. Il était évident qu’on connaissait bien le terrain : une manif contre la répression que subit la culture tekno. Un 12 avril, en plein centre-ville de Nantes. Un entre-deux se dessinait : angoisse ou paix, pour celles et ceux qui vivent au rythme d’un son que l’État aimerait voir réduit au silence.

L’air était lourd. La ville puait la résignation sous les tags et les bâtiments vieillots. Mais l’ambiance au top — des visages fermés, d’autres curieux. Terrain de jeu.

Nous étions équipés d’un micro branché non-stop et d’un appareil photo. On devait d’abord passer chez Epitha, vers la rue Maréchal Joffre. Un fond d’angoisse me collait : et si Nantes nous recevait comme des bêtes endormies ? Je voulais boire. Mauvaise idée. La chaleur suffocante du train m’avait assez desséché.

— « Nantes nous accueille joyeusement, mais les gens sont-ils prêts pour le cortège technoïde ? Allons au Mojo avant ! »

— « T’es sûr de toi ? » demandait Epitha.

Pas sûr. Mais besoin. L’alcool est. L’anxiété s’échappe. Illusoire, mais bref soulagement.

Le Mojo : Le genre de bar où tu veux t’effondrer doucement après une rupture mal digérée….

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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