« Il y a clairement eu un avant et un après Sainte-Soline dans le soin militant », notamment sur l’entraide psychologique, observe Sasha, qui a cofondé le collectif Diffraction en 2016, proposant des ressources en ligne et des formations à prix libre sur le soin dans la lutte. La violente répression de la mobilisation du 25 mars 2023 à Sainte-Soline (Deux-Sèvres) contre les mégabassines a blessé 200 manifestants, dont 20 ont été hospitalisés. Touché à la tête par une grenade, Serge a été un mois dans un coma artificiel, avant d’entamer une longue rééducation. Une expérience qui a poussé les luttes écologistes à structurer leur réflexion sur le soin, face aux traumatismes et au risque d’épuisement des militants.
« Il y a eu une mise en réseau des psychologues professionnels et des militantes et militants qui étaient formés à de l’écoute », explique Sacha. Une ligne d’écoute avait d’ailleurs été mise en place pour accompagner et orienter les personnes en état de choc après la manifestation.
« Face à ce moment clé dans le processus de brutalisation des mobilisations sociales, la question du soin est devenue cruciale », constate la sociologue Hélène Stevens, coordinatrice de l’ouvrage Avoir 20 ans à Sainte-Soline (éd. La Dispute, 2024).
Une « base soin »
Après Sainte-Soline, plusieurs pratiques se sont davantage systématisées, comme les ateliers de création de groupes affinitaires, des personnes de confiance agissant ensemble lors d’une action ou d’une manifestation. « C’est le bon format pour que les participantes et participants se sentent sécurisés, qu’ils puissent se poser la question des risques physiques et juridiques qu’ils sont prêts à prendre, de leurs limites psychologiques et de leurs besoins émotionnels », estime Noé, membre du collectif Diffraction.
La constitution d’une « base soin » est aussi devenue un réflexe à l’occasion de…
Auteur: Léa Guedj

