Un arrêté qui répond à l’attente de certains agriculteurs mais largement insuffisant pour protéger réellement la santé des français et protéger nos paysans
Par un arrêté du 5 janvier 2026, publié au Journal officiel du 7 janvier – jour d’une rencontre informelle des ministres européens de l’agriculture à propos du Mercosur -, le gouvernement français annonce la suspension de l’importation et de la mise sur le marché de certaines denrées alimentaires provenant de pays tiers contenant 5 types de résidus de pesticides interdits dans l’Union européenne. Si Générations Futures reconnaît que cette mesure est nécessaire, nous soulignons les limites importantes de cet arrêté, tant sur le plan sanitaire que réglementaire, ainsi que l’incohérence politique de cette décision.
Un début de semblant de logique : ne pas importer ce que l’on interdit chez soi
Cet arrêté reconnaît partiellement et implicitement une incohérence dénoncée de longue date par Générations interdire des pesticides en Europe tout en acceptant, via les importations, des aliments contenant leurs résidus. Il reste cependant totalement hypocrite de continuer de produire sur le sol européen ces mêmes substances interdites à des fins d’exportation.
Les substances visées par cet arrêté – carbendazime, mancozèbe, glufosinate, bénomyl et thiophanate-méthyl – sont clairement préoccupantes sur le plan sanitaire. Elles sont classées par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) ou l’EFSA comme Cancérigène Mutagène ou Reprotoxique (CMR) et/ ou perturbateur endocrinien:
- Mancozèbe : perturbateur endocrinien, toxique pour la reproduction probable (catégorie 1B) et cancérigène suspecté (catégorie 2).
- Carbendazime : toxique pour la reproduction probable (catégorie 1B) et mutagène probable (catégorie 1B).
- Glufosinate : toxique pour la reproduction probable (catégorie 1B).
- Thiophanate-méthyl :…
Auteur: nadine

