Loin d’une justice orientée vers la réinsertion, le gouvernement actuel, porté notamment par Gérald Darmanin, aujourd’hui ministre de la Justice, semble consacrer une logique de punition, d’enfermement et de restriction des droits des détenus. Surpopulation chronique, retour des peines courtes fermes, suppression de droits civiques, attaques contre les activités de réinsertion et criminalisation des plus précaires : l’institution carcérale devient le révélateur d’une politique de plus en plus décomplexée.
Pour Jean-Claude Mas, directeur de l’Observatoire international des prisons (OIP), il est question d’« une surenchère qui agit sur tous les leviers pour punir, punir, punir ». Fondée en 1995, l’association se bat pour la défense des droits et de la dignité des personnes détenues.
La surpopulation relève d’un choix politique.
J-C. Mas
La densité carcérale atteint un niveau historique. En avril 2025, la France franchissait la barre des 82 000 détenus pour environ 62 000 places théoriques. Plus d’un quart des détenus sont en détention provisoire, d’après les données du ministère de la Justice. Le taux d’occupation moyen atteint 133 %, et certaines maisons d’arrêt enregistrent des pics supérieurs à 200 %. Rien qu’en un an, le nombre de détenus a augmenté de plus de 7 %.
Sur le même sujet : En finir avec la surenchère sécuritaire et la surpopulation carcérale
Cette inflation carcérale n’est pas le fruit du hasard. Selon Jean-Claude Mas, « la surpopulation relève d’un choix politique, la source principale en reste la surincarcération ». La prison reste la peine de référence. « On estime ne pas avoir assez puni tant qu’il n’y a pas eu incarcération, sans se demander si…
Auteur: Maxime Sirvins

