Cet article expose les analyses développées par Roswitha Scholz dans son dernier livre traduit en français Homo sacer et les « Tsiganes » pour les replacer dans le cadre « français » et dans l’actualité antitsigane (Lire dans cette édition, le compte rendu d’audience de Ritchy Thibault).
« Putain ça pue » : l’antitsiganisme comme fondement caché de la rationalité patriarcale-capitaliste
Les Roms : un « groupe à part »
À notre connaissance, le dernier rapport de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) [1] n’a pas fait l’objet d’âpres discussions dans les médias ou dans les dits cercles militants de gauche et leurs espaces de réflexion – lorsqu’il l’a été, la question des Roms et de l’antitsiganisme dont ils sont victimes n’a été abordée que de manière incidente, sans haine ni passion [2]. Toutefois, ce rapport – et le silence qui entoure le cas des Roms – confirme une fois de plus, une fois encore, une fois pour toute, ce que nous pourrions nommer la banalité de l’antitsiganisme, ce « racisme sans nom » [3] qui ouvertement et quotidiennement se déverse en France et plus largement en Europe [4].
59 % des personnes interrogées en 2024 dans le cadre des enquêtes pour le rapport de la CNCDH estiment que les Roms constituent un « groupe à part dans la société française », ce qui est le pourcentage le plus élevé parmi les groupes étudiés par la Commission. Ce chiffre monte même jusqu’à 65 % lorsque la question porte sur les « Gens du voyage », soit près de deux fois plus que pour les « Musulmans » (32 %), les « Maghrébins » (28 %), les « Asiatiques » (26 %) et les « Juifs » (24 %), et cinq fois plus que pour les « Noirs » (13 %) ; chiffre qui en fait donc, d’après le rapport de la CNCDH, la minorité la plus stigmatisée en France.
En outre, selon les personnes interrogées, cette « mauvaise intégration » dans la société française serait « provoquée par les Roms…
Auteur: dev

