Pyramiden, de Damien Faure, sort en DVD ces jours-ci, bientôt au catalogue de aaa production. Lorsque je l’ai vu, c’était au Cinéma Saint André des Arts en janvier 2025. Avant la projection, nous eûmes droit à une publicité pour des voitures puissantes balançant du rêve à l’impératif, « éclipsez la lune ! », « Dépassez les nuages ! » : le saccage de la planète continue comme si de rien n’était, inéchappable, même en 2025, même au Saint André des Arts. à archiver, pour plaider, un jour, des crimes contre la planète et l’humanité, par un imaginaire qui délire pour vendre des machines à lithium ou pétrole en contradiction avec tous les signaux d’alerte qui s’accumulent.
Pyramiden est un signal d’alerte de plus, qui se distingue de beaucoup d’autres en se situant à la crête de la fiction la plus imaginaire et de la réalité la plus factuellement filmée (Damien Faure est un documentariste expérimenté, auteur d’une dizaine de films en deux décennies, membre de l’ACID, Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion). Telle est la signature de ce film rare, par sa forme, qui en fait déjà un film culte sur le devenir-désertique de la Terre. Œuvre à la fois de science-fiction et document brut sur un des endroits les plus désolés de la planète, le Svalbard, un archipel au milieu de l’océan Arctique.
Pyramiden n’éclipse pas la lune, ni ne dépasse les nuages comme les grosses bagnoles. Tout à l’inverse, il nous plonge sur un paysage lunaire, au milieu des nuages, en plein sur la Terre. Il nous dévoile un univers, qui, précisément, dans le futur, se comprend comme le résultat du crime contre la planète et l’humanité perpétré par les publicités de 2025, jusqu’à la dévastation.
Dans le film, LE dernier humain, est perdu sur une planète d’où la vie a reflué. Ses dernières boîtes de conserve sont…
Auteur: dev

