Qatar : la coupe est pleine — Jean LEVY

En effet, le choix d’un Etat où le football n’est pas joué par les enfants du pays, qui n’a pas d’équipe nationale (Le Paris-Saint-Germain, acheté par l’émirat, ne compte guère de joueurs qatariens…), le vote pour un Etat minuscule, dont la superficie est comparable à celle de l’Ile-de-France., et dont la population ne compte que 2,6 millions d’habitants dont 80% d’étrangers, soit moins de 600 000 qatariens.

Alors, qu’est-ce qui a fait courir les sélectionneurs ?

Les dollars, émanation des gisements de gaz. Car le Qatar a réussi la prouesse de devenir le premier acteur mondial de l’industrie du gaz naturel liquéfié.

À l’époque où les sanctions européennes ont fermé le robinet russe, le gaz qatarien vaut de l’or.

Aussi les dirigeants de l’émirat ont mille raisons d’être courtisés.

Et de nourrir des rumeurs de romans noirs.

Ainsi le suppléant hebdomadaire du Monde écrit :

“Pas une semaine ne s’est écoulé sans que le Qatar n’ait été mis en cause dans un article de presse ou un reportage télévisé. Barbouzeries au PSG, financement douteux de la campagne de Sarkozy en 2007, hécatombe sur les chantiers de Doha, soupçons de corruption dans l’attribution de la compétition, conditions de vie indigne des travailleurs étrangers…”.

Derrière ces évocations, la réalité est faite de liens particuliers entre dirigeants français et qatariens : de Chirac à Macron, en passant par Sarkozy et Hollande, ce n’est que voyages et affaires conclues avec le clan qatarien des Al Thani. Ceux-ci s’intéressent de près aux entreprises du CAC 40, dans le capital desquelles, le Qatar prend une participation, tout en achetant immeubles des beaux quartiers de Paris, hôtels de luxe et objets d’art.

Les Présidents français, en bons commis-voyageurs, vendent de leur côté des Rafales aux dirigeants de Doha…

Ces bons procédés entre amis ont facilité le choix du Qatar pour réaliser le Mondial de football 2022.

Grâce à la douloureuse affaire des travailleurs étrangers.

Ceux-ci, véritables esclaves de l’Émirat, ont payé lourdement la construction du stade de 80 000 places où tout est conçu pour le bien-être des futurs visiteurs : air conditionné, température douce alors que dehors il fait plus de 40 degrés. C’est à cette température que les ouvriers ont, durant des années, travaillé tout au long de la journée.

6 500 des leurs ont perdu la vie pour que des privilégiés passent quelques journées à jouir du spectacle de footballeurs se disputant la Coupe. Et grâce aux ouvriers indiens,…

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Auteur: Jean LEVY Le grand soir