Depuis quelques années apparaissent de nouveaux acteurs financiers. Profitant de la libéralisation, ces nouveaux acteurs, improprement appelés « néobanques », peuvent créer de nouveaux risques. À terme, ils pourraient déstabiliser le système bancaire classique, qui, pour le moment, conserve de vrais atouts.
Le 19 juillet 2024, 140 personnes protestaient contre la fermeture d’une agence bancaire dans le Lot. Pourtant, ce mouvement de fermeture est régulier et touche tous les réseaux bancaires. Simultanément, les « néobanques » séduisent de plus en plus de Français, comme en témoigne l’augmentation annuelle des transactions financières de plus de 40 % en 2023.
À la fin de cette même année, elles comptaient environ 6 millions de clients appartenant plutôt à une clientèle jeune, urbaine et CSP+. La part de la clientèle des entreprises est moins facile à obtenir : 400 000 clients en Europe pour Qonto, pas de chiffre publié pour Monabanq ou HelloBank ! Le mouvement prend de l’essor du fait de la cherté des prestations proposées par les banques dites classiques. Dans le même temps, les banques traditionnelles font face à une sérieuse crise des vocations. Le métier de conseiller clientèle étant perçu comme de plus en plus difficile et en perte de sens.
N’est pas une banque qui veut
Le terme « néobanque » est utilisé pour qualifier les nouveaux acteurs du secteur financier, mais le qualificatif est impropre, car ce ne sont pas toutes des banques au sens du Code monétaire et financier. Seuls les établissements de crédit, ayant une licence bancaire, peuvent utiliser le terme de banque. L’utilisation abusive du terme de banque est même passible d’amende. Pour connaître le statut d’un établissement, il est possible de consulter le registre des agents financiers REGAFI.
Ces nouveaux établissements sont apparus à la suite de la mise en œuvre de deux directives européennes qui ont…
Auteur: Christine Marsal, Maitre de conférences HDR, Contrôle de gestion, gouvernance des banques, Université de Montpellier

