Quand 1936 inventait la grève générale

À l’occasion des 90 ans du Front populaire, retour sur les grèves massives qui ont suivi la victoire de l’union des partis de gauche aux élections législatives de 1936. Premier mouvement de cette ampleur en France, il vit près de deux millions de salariés cesser le travail.

Printemps 1936, les machines se taisent dans des milliers d’usines françaises. Les grèves se multiplient dès la mi-mai dans la plupart des grandes régions industrielles, notamment à Saint-Nazaire, Lille, Toulouse, Le Havre ou la région parisienne. Employés des bijouteries, des boucheries, ouvriers du bâtiment, chauffeurs de taxi… dénoncent les « abus » subis depuis la crise économique. À partir du 27 mai, les grèves deviennent massives en se généralisant dans les usines automobiles et aéronautiques de la région parisienne. La semaine suivante, les conflits sont si nombreux, partout sur le territoire, qu’on peine à les recenser. Du jamais-vu dans l’Hexagone.

À la fin du XIXe siècle, les grèves se déroulaient majoritairement hors de l’usine. En 1936, c’est la grève « sur le tas », soit l’occupation du lieu de travail, qui s’impose. Tout un symbole.

Inédit par son ampleur, le mouvement l’est aussi par sa forme. En 1936, c’est la grève « sur le tas », soit l’occupation du lieu de travail, qui s’impose. « À la fin du XIXe siècle, les grèves se déroulaient majoritairement hors de l’usine, raconte…

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