Période vague, comme suspendue entre deux moments, les restructurations d’entreprise peuvent être dangereuses pour les salariés. Durant ces moments d’incertitude, certains d’entre elles et eux sont particulièrement exposés, entre le risque d’être écartés et celui d’être exposés à des comportements inappropriés.
Fusions, acquisitions, fermetures, délocalisation, externalisation, réorganisation… Ces termes sont désormais bien connus des salariés européens pour qui le rythme de ces restructurations s’est accéléré au cours des dernières décennies.
Pour rester compétitives sur un marché globalisé, les entreprises doivent réduire leurs coûts à tout prix. Des changements s’opèrent au sein des organisations avec la mise en place de nouvelles méthodes de management, des suppressions d’effectifs ou de lignes managériales, mais aussi la réduction des budgets, voire, parfois des changements en termes de normes, de valeurs et de culture d’entreprise.
Dans l’enquête sur les conditions de travail menée en 2015 qui aborde ce thème, 21 % des travailleurs européens rapportent avoir vécu une restructuration au sein de leur organisation au cours des trois années précédentes. Ces changements ne sont pas sans conséquences pour eux… ni pour elles.
Des préjugés persistants
Des sociologues se sont penchés sur la question des conséquences des restructurations en fonction du genre des travailleurs. Se basant sur une théorie développée par Joan Acker qui décrit comment le genre est intégré dans les processus organisationnels, des chercheurs ont montré que les restructurations étaient susceptibles de générer plus de conséquences négatives pour les femmes que pour les hommes.
Plus représentées dans les fonctions non qualifiées et les tâches routinières, plus associées aux compétences dites « douces », plus présentes aux postes de managers intermédiaires qu’aux postes de managers seniors (
Auteur: Marine Coupaud, Professeure associée en économie, ESSCA School of Management
