Quand elle a débuté ses cours de musique de chambre avec Jean Hubeau, elle avait 14 ans, elle n’était pas encore l’immense Claire Désert que l’on connaît actuellement. Elle avait pourtant déjà tout d’une grande. Aujourd’hui, la pianiste se produit aux quatre coins du monde, sur les scènes les plus prestigieuses. Mais elle n’a jamais oublié ce que Jean Hubeau lui a transmis : le goût du partage.
Née en 1967 à Angoulême (Charente), Claire Désert commence le piano à 5 ans. Elle en a 14 seulement quand elle intègre le Conservatoire national supérieur de musique de Paris (CNSM). Pour perfectionner son jeu pianistique, elle suit les cours de Ventsislav Yankoff. Et, pour apprendre la musique de chambre, ceux de Jean Hubeau (1917-1992) – lui-même élève de Jean et Noël Gallon, Lazare Lévy et Paul Dukas.
Schumann, un héritage pour la vie
Avant même de parler du professeur, de son « style », de ses qualités ou de ses défauts, Claire Désert annonce : « C’est lui qui m’a mise sur la voie de Robert Schumann. » En disant cela, elle dit tout : elle dit sa reconnaissance et sa gratitude envers l’homme, elle dit l’importance de ce dernier. Car Claire Désert est connue pour être l’une des plus remarquables interprètes de Robert Schumann. Elle l’a beaucoup enregistré, énormément joué (aussi, entre autres, avec le Quintette Moraguès).
Claire Désert ne s’en cache pas : « C’est peut-être mon compositeur de cœur, même si, évidemment, je joue des répertoires très différents. » Son professeur Jean Hubeau, plus remarqué pour avoir enregistré l’intégrale de l’œuvre pour piano de Gabriel Fauré, « était un grand schumannien, mais cela se savait moins », rapporte Claire Désert. Le professeur lui a ainsi ouvert l’univers de Schumann, et son élève en a fait l’un des fils rouges de sa vie musicale.
Auteur: Céline Schoen Crochet, correspondante à Bruxelles

