Les poissons sont mis à rude épreuve. Déjà fortement affaiblis par la surpêche, le changement climatique et les nombreuses menaces qui perturbent l’océan, ils sont victimes d’une perturbation supplémentaire qui vient d’être mise en évidence : l’urbanisation du littoral. Une étude publiée le 9 octobre dans la revue Nature Communications a réussi à attester de l’influence de l’urbanisation sur la physiologie des poissons. Des résultats préoccupants alors que les côtes les attirent autant que les humains, puisque la biodiversité marine est largement concentrée en zones littorales.
Caractériser les effets des activités humaines côtières sur les poissons est difficile, en particulier parce que les pollutions sont nombreuses : produits chimiques, bruit, lumière, rejets de matière organique… L’équipe CNRS de Vincent Laudet basée au Japon a eu l’idée ambitieuse de tester l’influence de l’environnement urbain à l’aide de la transcriptomique.
Cette méthode repose sur l’identification des ARN messagers présents dans un tissu ou un organisme. Les ARN messagers étant des molécules issues de la copie des gènes, leur identification permet ainsi de savoir quels gènes sont actifs dans l’organisme.
« On connaît bien le génome des poissons, qui n’est pas si loin du nôtre, et on est capable de savoir quel ensemble de gènes correspond à quelle fonction, comme l’immunité, le métabolisme énergétique ou encore les mécanismes hormonaux », explique le biologiste dont l’équipe travaille sur les poissons coralliens. Leur but est donc de regarder comment la proximité d’une ville influence l’activité de certains gènes et d’en déduire quelles sont les fonctions métaboliques touchées.
Effets sur l’immunité
Sur l’île d’Okinawa où est basé leur laboratoire, les chercheurs ont ainsi choisi 18 sites des plus naturels aux plus urbanisés. Et ils ont prélevé cinq juvéniles et…
Auteur: Magali Reinert
