Kahani, Mamoudzou et Ongojou (Mayotte), reportage
Il y a un an, Rouoida découvrait tout son quartier emporté par le vent, alors que le cyclone Chido semait la désolation sur Mayotte. Vivant dans un bidonville à Kahani, au centre de l’archipel, la jeune fille de 16 ans a perdu sa maison en tôle le 14 décembre 2024. Un an après, les plaques de métal ondulé abritant son foyer sont de nouveau debout, mais le souvenir reste.
« J’y repense tous les jours », souffle Rouoida, en train de laver son linge à la main, sur le pas de sa porte. À quelques cases de là, Youdhra aussi a été marquée par cette journée. « Les enfants ne sont pas tranquilles : quand ils voient la pluie et le vent, ils pensent que Chido revient. Même moi quand je vois la pluie, j’ai peur », explique celle qui vient tout juste d’avoir 18 ans.
« J’ai pleuré quand j’ai vu les morceaux partir de ma maison », raconte Rayna, 16 ans, vivant dans un logement en dur à Mamoudzou. Un an après, sa mémoire est encore vive, et les images de son habitation sans toit, gravées dans son esprit : « C’était comme s’il n’y avait plus que le matériel pour construire la maison. »
Elle était cloîtrée dans sa chambre quand Chido a survolé son habitation. Apeurée, elle a demandé à ses parents de venir alors que le vent soufflait de plus en plus fort. « Au moment où ils ont traversé ma chambre, on a entendu un gros “boum” dans la leur. Les deux fenêtres en verre ont été projetées. Si je ne les avais pas appelés, qu’est-ce qu’il se serait passé ? » ne peut s’empêcher de se demander Rayna.
Pour Virginie Briard, cheffe du service de pédopsychiatrie du centre hospitalier de Mayotte (CHM), il est trop tôt pour dresser un bilan de l’impact psychologique du cyclone sur l’ensemble des enfants. Si certains ne gardent pas de séquelles, d’autres présentent des symptômes de stress post-traumatique. « Il y a encore des…
Auteur: Marine Gachet

