Quand la fast-fashion surfe sur la crise du textile

La mode française : autopsie d’un paradoxe

Analyser le secteur textile, c’est aussi s’intéresser à ses incohérences. Si l’on arrêtait aujourd’hui de produire de nouveaux produits textiles, l’humanité entière aurait déjà suffisamment de vêtements pour se vêtir jusqu’en 2100. On pourrait donc penser que l’industrie de la mode se porte bien. En effet, en 2022, 3,3 milliards de produits textile ont été vendus en France, équivalant à 45 nouveaux vêtements par habitant·e, alors même que l’objectif de l’Accord de Paris nécessiterait de faire tomber ce chiffre à 5 vêtements par habitant·e et par an.

Pourtant, le secteur textile français ne s’est jamais aussi mal porté qu’aujourd’hui. Le nombre d’emplois dans le secteur est en chute libre et les boutiques ferment les unes après les autres. En cause : l’essor de la fast-fashion.

Le linge sale de la fast-fashion (mode jetable)

En quarante ans, la consommation de vêtements en France a plus que doublé, avec une accélération notable ces dix dernières années. Dans ce même temps, la part dédiée à l’habillement dans le budget des ménages s’est réduite à peau de chagrin, jusqu’à ne représenter plus que 3% en 2023 dans le budget des ménages français.

En clair, on consomme beaucoup plus de vêtements, qui nous coûtent beaucoup moins cher et de moins bonne qualité qu’auparavant. En effet, la durée d’usage d’un vêtement a en moyenne été divisée par deux depuis le début des années 2000.

Cette dynamique, étroitement liée au développement exponentiel de la fast-fashion, recouvre une recette qui ne loupe pas :

  • Une délocalisation de la production dans les pays d’Asie du Sud-Est, permettant une baisse drastique des coûts de main d’œuvre (la marque chinoise Shein paie ses employé·es en moyenne 0,04 € par vêtement produit, pour des journées de travail pouvant durer jusqu’à 18 heures) ;
  • Des stratégies marketing ultra…

La suite est à lire sur: www.amisdelaterre.org
Auteur: Julia Orain

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