Quand la gauche réinvestit le travail

« Comment le travail, colonne vertébrale de la gauche depuis ses origines, a-t-il pu lui être dérobé par ses adversaires ? Et comment, surtout, reconquérir ce thème essentiel, en faire la priorité de la gauche ? » Voilà les questions que se pose Paul Magnette (1), professeur de théorie politique à l’Université libre de Bruxelles et président du Parti socialiste belge. Il le fait en même temps et de la même manière qu’un autre responsable politique de gauche, français celui-là, François Ruffin (2) : en mobilisant les témoignages recueillis lors de contacts avec leurs électrices et électeurs, et en s’appuyant sur les acquis de la recherche en sciences du travail (psychologie, ergonomie, sociologie, statistique, etc.).

1

L’Autre Moitié du monde. Essai sur le sens et la valeur du travail, La Découverte, 176 pages, 16 euros.

2

Mal-travail. Le choix des élites, Les Liens qui libèrent, 224 pages, 15 euros.

Tant les témoignages recueillis par Magnette et Ruffin que les travaux scientifiques qu’ils citent abondamment confirment que le travail, en tant qu’activité, possède et conserve une place centrale dans la construction des personnes, de leur santé et de leurs liens sociaux. « Le travail nous construit », par la confrontation avec la résistance du réel qui nous permet de développer notre expérience et nos compétences et de ressentir (parfois) le plaisir du travail bien fait. En même temps, ils montrent à quel point les organisations actuelles du travail détruisent la santé des humains et de la nature.

Pourtant, à gauche, « la question du contenu et du sens du travail est restée dans l’ombre » (Magnette, p. 65). C’est…

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Auteur: Thomas Coutrot

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