Quand la justice anticarcérale transforme les violences sexistes

La direction des Écologistes a-t-elle bien géré l’affaire Julien Bayou ? La question a fait le tour des plateaux télé la semaine dernière, et les réponses apportées ont été aussi hâtives que peu documentées. Pourtant, certain·es pensent la gestion de la violence dans les milieux militants depuis des années déjà. Elsa Deck Marsault a cofondé Fracas, un collectif féministe qui aide à la résolution des conflits dans les cercles militants. 

Dans son essai Faire justice. Moralisme progressiste et pratiques punitives dans la lutte contre les violences sexistes (Éditions La Fabrique), elle décrypte les mécanismes d’exclusion des auteurs de violence et propose de nouvelles méthodes de gestion de crise. Un ouvrage nuancé dont on a peur de caricaturer le propos, à l’heure où les idées réactionnaires et la dénonciation de la cancel culture fleurissent dans les médias.

Pour penser les limites de nos gestions intracommunautaires, il faut décortiquer le système dans lequel elles s’inscrivent. Si les collectifs peinent avec la gestion de la violence, c’est avant tout parce qu’elles s’inspirent encore beaucoup de notre système pénal. Dans une logique punitive, la violence n’est analysée que par deux prismes : celui de la personne qui accuse, et celui de la personne qui est accusée. Cette violence est dépolitisée. Elsa Deck Marsault invite plutôt à chercher son caractère systémique pour éviter qu’elle ne se répète.

La justice telle qu’on la connaît est pensée pour statuer sur un conflit, pas pour réparer les individus. Le procès est celui de l’accusé, pas celui de la partie civile. Les besoins de cette dernière ne sont donc pas au cœur de la réponse judiciaire : « Le système pénal est prescriptif : il nous dit quoi penser de nos histoires, quoi en dire et quoi espérer comme dénouement. »


La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Salomé Dionisi

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