Dans de nombreux pays du monde, les services publics sont, pour diverses raisons, défaillants. On constate alors souvent que, sous des formes variées, la société civile prend le relais.
Dans de nombreux pays, des acteurs variés s’organisent et fournissent, à plus ou moins grande échelle, des services de proximité. Cette réalité n’est pas nouvelle, mais nos regards sur ces services sont actuellement en train de changer. Sont-ils des bricolages transitoires, des solutions dédouanant les acteurs publics de leurs responsabilités ou participent-ils à part entière à une nouvelle vision collective des services ?
Des services publics insuffisants dans de nombreux pays
Dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires, on constate un manque criant de services de base, tant en quantité et qu’en qualité. Selon l’ONU, 250 millions d’enfants dans le monde ne sont pas scolarisés (et ce nombre est en augmentation) ; au moins 6 à 8 millions de personnes meurent chaque année faute d’avoir pu accéder à des soins de qualité ; et plus de 2 milliards de personnes n’ont toujours pas accès à une eau potable gérée en toute sécurité.
Ces chiffres masquent de grandes disparités et une diversité d’acteurs impliqués dans le fonctionnement, le financement et la régulation des services existants. Par exemple, en Afrique de l’Ouest, on observe de longue date l’existence de nombreuses écoles « spontanées », créées par des individus, des familles ou des villages, en dehors de tout contrôle d’État ; elles sont ainsi plus nombreuses que les écoles publiques dans les banlieues de Bamako. Non enregistrées, ces écoles, laïques, suppléent un manque éducatif en fournissant un parcours scolaire à des élèves de quartiers périphériques.
En ville comme dans les zones rurales, des services d’eau, de santé, d’éducation, d’énergie, de justice et bien d’autres sont ainsi rendus aux populations par-delà…
Auteur: Stéphanie Leyronas, Chargée de recherche sur les communs, Agence Française de Développement (AFD)

