Quand l’avortement lève un peuple des femmes

À certains égards, Kamala Harris est une candidate classique pour les démocrates aux États-Unis, prête à conquérir les milieux économiques et à poursuivre des politiques de croissance. Il existe toutefois un point sur lequel elle ne mâche pas ses mots avec une grande constance. Il s’agit de l’avortement. Elle ne réclame pas seulement un retour à l’arrêt Roe vs Wade, révoqué en 2022 par une décision de la Cour suprême prononçant son désengagement dans la défense des droits reproductifs.

Lors du discours d’Atlanta, le 20 septembre (dans l’un des swing states), Kamala Harris s’est aussi présentée comme une « combattante joyeuse » dénonçant les « lois obscures et immorales » adoptées dans une vingtaine d’États américains, interdisant et restreignant fortement la pratique de l’IVG. Mais elle fait autre chose que réinvestir le discours féministe des années 1970 qui fait rimer avortement et propriété du corps (« ceci est mon corps »), et a abouti à une bataille en camps retranchés entre les partisans d’une vie avant tout (pro-life) et les partisans d’une vie sous conditions (pro-choice).


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Elle fait monter la colère face à ces hommes qui osent parler à la place des femmes. Mais elle avance un pion de plus : comment osent-ils encore alors que des femmes souffrent et meurent sans que personne ne leur porte secours ? À Atlanta, le discours de Kamala Harris pénètre dans le récit de vie d’Amber Nicole Thurman. Célibataire de 28 ans, mère d’un garçon de 6 ans, elle rêvait de devenir infirmière. Elle est morte en août 2022 d’une septicémie dans un hôpital de la banlieue d’Atlanta, après avoir agonisé pendant dix-sept heures, tandis…

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Auteur: Fabienne Brugère

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