La République en PLS et l’impasse de la stratégie électorale
Rarement une aussi petite commune aura fait l’objet d’une aussi grande attention médiatique. Les élections municipales à Villeneuve-Saint-Georges, la ville la plus pauvre du Val-de-Marne, en banlieue parisienne, peuplée de 35.000 habitants, a donné un aperçu du pourrissement politique du pays et de ce à quoi vont ressembler les prochaines élections nationales. Diffamations contre la France Insoumise, coalition de droite et d’extrême-droite, division de la gauche, tricherie et illégalité flagrante de la part du Ministre de l’Intérieur lui-même.
Dans cette ville qui fut longtemps un bastion communiste, la droite avait conquis la mairie lors des dernières municipales grâce à un accord avec le RN. L’ancien maire, Philippe Gaudin, était vite entré en conflit avec sa propre majorité. En avril 2024, il avait fait un salut nazi en plein conseil municipal ! Alors qu’un élu écologiste accusait Philippe Gaudin d’avoir «fait alliance avec l’extrême droite pour emporter», le maire avait suspendu la séance, puis adressé un salut nazi et ciré : «Heil !» C’est dans ce contexte pour le moins troublé que de nouvelles élections avaient été convoquées en ce début d’année 2025.
La France Insoumise voulait faire de la ville un symbole, en partant à la conquête de la mairie, avec le jeune député Louis Boyard. Le terrain semblait acquis. Mélenchon y avait fait 46% au premier tour des dernières présidentielles et Louis Boyard y avait été largement élu lors des législatives de 2024.
Mais les campagnes municipales sont souvent des moments mafieux, avec des opérations clientélistes et des coups bas. D’abord, les médias des milliardaires ont mis en scène cette élection, assez secondaire en terme d’enjeu, comme un théâtre national du barrage anti-insoumis. Des personnalités de haut rang, notamment Valérie Pécresse, se sont déplacées pour soutenir…
Auteur: B

