Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU sur les droits humains dans les territoires palestiniens occupés, est l’une des voix les plus respectées sur le droit international et l’oppression des palestinien·nes. Mais elle est également victime, depuis quelques années, d’une série d’intimidations, de menaces et d’une véritable campagne de harcèlement de la part des gouvernements états-unien et européens.
En février dernier, le gouvernement français, en la personne du ministre des affaires étrangères Jean-Noël Barrot, l’a accusée d’être « une militante politique qui agite des discours de haine » et a appelé à sa démission de l’ONU après des propos de la juriste italienne évoquant un « ennemi commun » à l’humanité, responsable d’un « génocide » à Gaza.
C’est lorsque le monde dort que naissent les monstres. Et des monstres, nous en avons déjà beaucoup parmi nous. Le premier d’entre eux : notre indifférence.
Pour la première fois, je me sens véritablement indignée.
Indignée par l’indifférence.
Par la violence de ce génocide, la manière dont il s’est immiscé dans notre quotidien, le constat que certains n’en sont absolument pas affectés alors que d’autres sont dévastés. Je me retrouve, une fois encore, face à des représentants d’État qui – ensemble, et certains plus que d’autres – pourraient mettre un terme à tout cela.
Il suffirait d’un trait de plume.
Cela m’indigne et me déçoit, comme cela m’arrive souvent dans cette salle, de voir la plupart d’entre vous réciter la même comédie de toujours.
Bien sûr, nous condamnons l’attaque du Hamas.
Bien sûr, nous sommes solidaires des victimes israéliennes. Bien sûr, nous demandons la libération des otages.
Mais est-il possible qu’après la mort de quarante-deux mille personnes à Gaza, il y ait encore des gens incapables d’éprouver la moindre empathie pour les…
Auteur: romain romain

