Quand le remède au burn-out consistait à passer l’hiver en France

La plage de Trouville, Claude Monet (1870). The National Gallery, London

Au XIXe siècle, médecins et écrivains dénonçaient les effets d’une existence toujours plus rapide, portée par le télégraphe, le train et l’industrialisation. Face au surmenage, ils prescrivaient le repos, le grand air et l’oisiveté assumée.

Le burn-out semble être un concept résolument moderne, né à l’ère de la communication numérique mondiale et des longues journées passées au bureau. Pourtant, l’Angleterre victorienne avait elle aussi sa propre conception de ce phénomène, qu’on appelait le « surmenage » (« overwork »).

Le médecin C.H.F. Routh, par exemple, a publié On Overwork and Premature Mental Decay: Its Treatment, un ouvrage qui a connu quatre éditions entre 1873 et 1888. Si le vocabulaire diffère, les préoccupations de fond sont remarquablement proches des nôtres. Le surmenage était perçu comme un phénomène nouveau dans cette époque marquée par l’expansion impériale et l’industrialisation, avec le développement des chemins de fer et du télégraphe, qui permettaient des communications rapides à l’échelle mondiale et imposaient un rythme de vie toujours plus accéléré.

Les Victoriens étaient sans conteste des adeptes de ce que le philosophe Thomas Carlyle appelait l’« Évangile du travail ». Mais ils étaient également très conscients des problèmes de santé que pouvait entraîner cette dévotion à cette nouvelle religion.

Aux États-Unis, le neurologue George Beard avait introduit le concept de neurasthénie, un trouble associé à l’épuisement du système nerveux sous l’effet d’une sollicitation excessive. En Grande-Bretagne, en revanche, le surmenage était perçu de manière bien différente : il apparaissait comme quelque chose de plus viril, presque comme un motif de fierté.

Comme aujourd’hui avec la notion de burn-out des cadres et des professions intellectuelles, le surmenage était alors…

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Auteur: Sally Shuttleworth, Professor of English Literature, University of Oxford

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