La prise de Paris a été préparée de longue date par les forces allemandes. Grâce au guide Michelin, l’état-major germanique connaît tous les hauts lieux de la capitale française : les meilleurs hôtels et restaurants, mais aussi les monuments historiques. Chacun fait son choix : la Kommandantur s’installe place de l’Opéra, le gouverneur du Grand Paris à l’hôtel Meurice, le commandement militaire pour la France au Majestic, et le service de contre-espionnage à l’hôtel Lutétia. Pour montrer la force de son armée de l’air, qui mènera bientôt la bataille d’Angleterre, le général Hugo Sperrle décide de réquisitionner un lieu à la fois prestigieux et fort utile : le Sénat.
Le Palais du Luxembourg, siège de la Luftwaffe
Le siège des sénateurs n’est pas seulement un ancien palais, il est aussi très pratique avec ses nombreux bureaux, son central téléphonique, et surtout, son inestimable trésor souterrain : un bunker de plus de 600 m2 enfoui sous les jardins. Construit par l’État français en 1937 pour protéger le gouvernement en cas d’attaque, le bunker dispose de trois entrées et peut accueillir 300 personnes. Pour l’époque, il est ultramoderne : à l’intérieur se trouvent un central téléphonique, une salle d’opérations et une salle des machines. Et surtout, il est conçu pour protéger aussi bien des bombes explosives que toxiques. « Ses murs sont d’une épaisseur d’1m60, ils peuvent résister à des bombes…
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Auteur: Guillemette Halard

