Dans un article publié par La Déferlante, le 16 septembre, quatre ans après l’assassinat de Jina Mahsa Amini et le début du mouvement Femme, Vie, Liberté, l’avocate et militante iranienne Chirinne Ardakani rappelle que les corps des Iraniennes, mortes ou vivantes, sont instrumentalisés dans les discours politiques.
À l’heure où les extrêmes droites prennent le pouvoir en Europe, la guerre faite aux femmes musulmanes au nom des femmes iraniennes ne peut plus durer. L’escroquerie intellectuelle décrite par Chirinne Ardakani est devenue la norme. Face à cette banalisation, que l’on observe des commentaires sur Instagram jusqu’au discours de journalistes, d’hommes et de femmes politiques, il faut cesser de prendre au sérieux cette fausse mise en équivalence.
Le sort des Iraniennes sous les bombes ne semble pas faire le poids face au symbole du voile imposé par le régime iranien.
Elles sont des centaines de milliers, aux côtés d’hommes iraniens, à être privées du soutien à leur lutte pour la liberté et la dignité. Comme le rappelle la sociologue Somayeh Rostampour, l’autodétermination du peuple iranien est étouffée par une guerre impériale menée par les États-Unis et Israël : « On ne libère pas un peuple par les bombes. » Elle rappelle que des hôpitaux sont bombardés, qu’une école de filles à Minab a été détruite en pleine journée tuant 165 écolières, sans compter les milliers de civil·es tué·es. Pourtant, à aucun moment dans le débat sur le voile, cette situation n’est évoquée, comme si elle était accessoire.
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Au lieu d’amplifier leurs voix, et le combat du mouvement révolutionnaire Femme, Vie, Liberté, elles sont réduites…
Auteur: Hanane Karimi
