Le Nid et l’Oiseau, documentaire réalisé bénévolement et présenté en accès libre jusque dimanche 4 mai sur Reporterre, nous invite à contrôler la reconversion écologique des entreprises. Au rythme de nombreux entretiens, il raconte les deux ans de combat de Fred et Alex, deux salariés de l’usine Nestlé Purina de Veauche, dans la Loire, pour faire annuler un projet de chaudières biomasse. Lancé dans la cadre d’un plan de décarbonation de l’entreprise — de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre —, il menaçait de transformer une grande part des forêts environnantes en plaquettes de bois pour les alimenter.
Didactique, précis, le scénario expose bien, étape par étape, toutes les recherches que le duo a dû mener, tous les nouveaux engagements, notamment syndical, qu’il a dû prendre pour pallier l’absence d’accès à l’information sur le projet et son manque de légitimité. En cela cette « victoire écologique, pleine d’humanité », comme la qualifie le réalisateur du Nid et l’Oiseau, Ewen Barraud, plaide avec force pour une nouvelle architecture démocratique des relations collectives de travail.
Au départ, Fred et Alex ont eu de la chance. Si la direction n’avait pas eu besoin des compétences en traitement de données de Fred, elle n’aurait eu aucune raison de l’informer de son projet de chaudières biomasse, pas plus que les autres employés.
De même, si les autres formations syndicales de l’usine (Unsa, CGT, CFDT…) ne les avaient pas soutenus pour défendre un contre-projet au CSE (instance de représentation du personnel d’une entreprise), les forêts auraient pu être détruites à la vitesse de 1 hectare par jour (soit environ un terrain de foot). Et « non pas pour construire un hôpital, mais pour produire de la pâtée pour chats ! » se récrie Alex dans Le Nid et l’Oiseau, en soulignant la disproportion entre l’activité de l’usine de Veauche et…
Auteur: Catherine Marin

