Quand les bergers sont aidés, le loup est accepté

Il n’y a pas de recette miracle pour cohabiter pacifiquement avec le loup. Une étude parue dans Frontiers in conservation début septembre 2021, et menée par l’université de Leeds, au Royaume-Uni, et l’université d’Oviedo, en Espagne, montre qu’une coexistence sereine avec le loup dépend de nombreuses conditions écologiques, économiques et sociales liées au contexte géographique. Elle illustre l’importance de travailler avec chaque communauté pour trouver des solutions adaptées à leurs besoins et aux conditions locales, plutôt que d’appliquer des solutions généralisées.

Cette publication intervient alors que la chasse au loup est, depuis le 22 septembre, interdite sur l’intégralité du territoire de l’Espagne sur décision du gouvernement de Pedro Sánchez.

« L’acceptation des loups est cruciale pour une forme de cohabitation résiliente. Mais il est important de reconnaître que les gens ont tendance à être en désaccord sur la façon dont les terres locales devraient être gérées et sur les espèces qui devraient s’y trouver, dit à Reporterre Hanna Pettersson, auteure principale de l’étude et chercheuse au Sustainability Research Institute de Leeds. Par exemple, dans la Sierra de la Culebra, tout le monde n’aime pas les loups, mais même ceux qui ne les aiment pas les considèrent comme faisant partie du système local et ne s’engagent pas dans des activités visant à les tuer ou à les éradiquer »

Si les bergers des zones où les loups ont toujours été présents ont un savoir-faire pour se prémunir, ceux des zones où le retour du carnivore est récent devront apprendre à s’adapter. CC BY-SA 4.0/Arturo de Frias Marques/Wikimedia Commons

Durant toute l’année 2020, la chercheuse a étudié trois communautés rurales d’Espagne afin d’essayer de comprendre quelles sont les clés permettant une bonne coexistence avec le canidé. Comme en France, les pratiques agricoles traditionnelles sont encore répandues en Espagne, les bergers font paître le bétail librement sur de vastes zones géographiques et sont confrontés au risque de prédation par les loups. Dans la première communauté, les loups ont toujours été présents depuis des décennies, dans la deuxième il avait disparu dans les années 1950 et a recolonisé le territoire, et dans la troisième, le canidé s’est éteint depuis les années 1960 mais est susceptible de se réinstaller prochainement. Les chercheurs ont réalisé 92 interviews de différents acteurs du territoire sur la ruralité, sur les interactions…

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Auteur: Reporterre

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