Quand les femmes sont moteurs des luttes

Le mépris d’Emmanuel Macron pour les classes populaires, ces « gens qui ne sont rien » traversant tôt les gares pour aller travailler, n’est plus à documenter. On n’a pas non plus oublié sa sortie, en 2014, sur les ouvrières de l’abattoir Gad, quand le tout juste nommé ministre de l’Économie les avait qualifiées, dans l’une de ses toutes premières interviews, d’« illettrées ». Ces salariées subissaient là non seulement un mépris de classe, mais aussi un mépris sexiste affiché – sinon assumé. Une ouvrière, bientôt licenciée, répondit au micro d’une équipe de télévision : « Il nous prend pour qui ? Nous nous sentons bafouées, diminuées. […] Nous ne sommes pas des illettrées : nous savons toutes lire et écrire ! »

En 2023, une grande majorité de Françaises et de Français s’opposent, des mois durant, à la contre-réforme des retraites imposée par le président de la République. Sachant pourtant l’immense impopularité de son projet, grevant les droits et les montants des pensions des salarié·es, en particulier des plus défavorisé·es, Macron refuse de céder. La contre-réforme est finalement adoptée, au forceps – c’est-à-dire par la voie autoritaire de l’article 49.3 de la Constitution –, grâce au rejet d’une motion de censure par une faible majorité (de 9 voix sur 577) de député·es.

Là encore, les femmes salariées seront les premières à en subir les effets : outre les grossesses ou autres événements de la vie des femmes, et les inégalités salariales, le temps partiel imposé, à lui seul, « conduit à des inégalités de carrières se traduisant par un différentiel de 40 % dans les retraites des femmes et des hommes » (1).

Au cours du mouvement massif – et unitaire – d’opposition au recul de l’âge légal du départ à la retraite, porté à 64 ans, les ouvrières de la société…

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Auteur: Olivier Doubre

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