Un an environ après la mort de Mahsa Amini, la révolte iranienne ne fléchit pas. Cette jeune femme de 22 ans est devenue le symbole de la lutte contre la politique islamique iranienne sur le port du voile. Son décès amène un vent de révolte à l’encontre du régime iranien. Celle-ci se concentre autour de la lutte contre la loi adoptée en 1983 qui imposait aux femmes le port du hijab, quatre ans après la révolution islamique de 1979.
Si un souffle de rébellion s’était déjà emparé de la jeunesse iranienne ces deux dernières décennies, ce tragique événement a renforcé les manifestations. En effet, il n’est plus rare, ces deux dernières décennies, de voir quelques mèches de cheveux dépasser des voiles ou même certaines femmes tête nue.
Cette défiance aux airs de désobéissance civile répand une vague de liberté et d’émancipation chez les Iraniens qui décident de ne plus répondre aux diktats sur le voile.
Cette dernière année, notamment depuis la mort de Mahsa Amini, les manifestations ont été plus fortes et la répression mise en œuvre par le pouvoir des mollahs est également allée croissant. Le régime iranien emploie à présent des outils technologiques de surveillance de masse qui jusque-là n’avaient jamais été utilisés pour imposer une loi vestimentaire aux femmes sur la base d’une politique religieuse. À ce titre, la chercheuse Mahsa Alimardani souligne que le régime a passé des années à construire un appareil de surveillance numérique.
La reconnaissance faciale permet d’identifier un individu, c’est-à-dire de retrouver son identité parmi un groupe de personnes ou au sein d’une base de données. Cette technologie peut être utilisée en temps réel dans l’espace public par le biais de caméras de surveillance par…
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Auteur: Elia Verdon, Doctorante en droit public et en informatique, CERCCLE (EA 7436) et LaBRI (UMR 5800), Université de Bordeaux

