Une dystopie sert à conjurer le sort. En l’occurrence, le but est d’alerter tous ceux qui pensent à une équivalence entre l’extrême droite et la droite ou même le centre. Il est certain que des lois toujours plus liberticides sont votées et que certains parlementaires professent de plus en plus des idées d’extrême droite. Cependant, ne laissons pas advenir le pire : il suffit de regarder la politique de Donald Trump, tant en interne qu’à l’international, pour être saisi d’effroi face à l’affirmation de la loi du plus fort contre l’État de droit.
Imaginons. L’extrême droite est au pouvoir tant au Parlement, où elle dispose de la majorité absolue, qu’à l’exécutif (gouvernement et présidence). Elle décide de procéder à des révisions constitutionnelles par référendum, hors champ des modifications demandées par rapport à l’article 11 de la Constitution*, pour durcir la politique à l’égard des étrangers, y compris en situation régulière, et lui permettre d’appliquer la « préférence nationale ». Le patronat empêche les licenciements dans un premier temps.
La Révolution nationale en 100 jours, et comment l’éviter, Pierre-Yves Bocquet, « Tracts » Gallimard, 2025.
Elle obtient aussi l’abrogation de l’article 55 de la Constitution qui prévoit que les traités ont une valeur supérieure à la loi. Cela interdit aux juges d’écarter une loi contraire à la Convention européenne des droits de l’homme par exemple. Les dispositions relatives au Conseil constitutionnel sont modifiées pour lui interdire de contrôler la loi au regard des droits et libertés contenus dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, le préambule de la Constitution de 1946 ou la Charte de…
Auteur: Nathalie Tehio

