L’intelligence artificielle (IA) ne se contente plus de guider nos choix : elle anticipe nos besoins et agit à notre place. En orchestrant décisions et transactions, devient-elle une entité consommatrice ? Que devient notre libre arbitre de consommateur face à un marché piloté par les algorithmes ?
Ce texte est publié dans le cadre des Dauphine Digital Days dont The Conversation France est partenaire.
Alors que les modèles classiques de comportement du consommateur reposent sur l’intention, la préférence et le choix, l’automatisation introduite par l’intelligence artificielle (IA) transforme en profondeur la chaîne décisionnelle. En s’immisçant dans les étapes de reconnaissance des besoins, d’évaluation des alternatives et d’achat, l’IA ne se contente plus de guider – elle agit.
Cette mutation questionne le cadre théorique du consumer agency, l’idée selon laquelle les consommateurs ont la capacité d’agir de manière intentionnelle, de faire des choix et d’exercer une influence sur leur propre vie et sur leur environnement. Ce déplacement progressif du pouvoir décisionnel interroge. Il interpelle la nature même de l’acte de consommer.
L’IA peut-elle être considérée comme une actrice de consommation à part entière ? Sommes-nous encore maîtres de nos choix ou sommes-nous devenus les récepteurs d’un système marchand autonome façonné par l’intelligence artificielle ?
Personnalisation de l’expérience
Les algorithmes prédictifs, programmes qui anticipent des résultats futurs à partir de données passées, sont aujourd’hui des acteurs incontournables de l’environnement numérique, présents sur des plateformes, telles que Netflix, Amazon, TikTok ou Spotify. Conçus pour analyser les comportements des utilisateurs, ces systèmes visent à personnaliser l’expérience en proposant des contenus et des produits adaptés aux préférences individuelles. En réduisant le temps de…
Auteur: Sylvie-Eléonore Rolland, Maître de conférences, Université Paris Dauphine – PSL
