La décision du procureur de la Cour pénale internationale de demander l’émission de mandats d’arrêt contre le premier ministre Benyamin Nétanyahou et le ministre de la Défense Yoav Gallant a secoué Israël. Nétanyahou et ses partisans ont rapidement qualifié cette décision d’antisémite, tandis que l’opposition politique, notamment le centriste Yaïr Lapid, a également exprimé son désaccord : « Nous menons une guerre juste, il doit être clair que nous ne resterons pas silencieux à ce sujet. »
Cette prise de position de l’opposition était attendue. Depuis le 7 octobre, l’opposition n’a critiqué le gouvernement que pour son manque d’efforts en vue de la libération des otages. Pour le reste, elle a pleinement soutenu la guerre menée par l’État, malgré les pertes civiles croissantes et les avertissements de la Cour internationale de justice sur le risque de génocide imminent.
La contestation oubliée contre la réforme judiciaire
En temps de guerre, la société israélienne privilégie l’unité, mettant de côté les divergences politiques et réduisant les critiques envers l’État et ses institutions. Cependant, au début du conflit actuel, cette unité a été difficile à atteindre en raison de la crise politique qui divisait le pays depuis début 2023.
Le 4 janvier 2023, une semaine après la formation du nouveau gouvernement Nétanyahou, le ministre de la Justice annonce une réforme judiciaire visant à restreindre les pouvoirs de la Cour suprême, seul contre-pouvoir du gouvernement.
Très rapidement, une vaste contestation émerge. Chaque samedi soir, des centaines de milliers d’Israéliens se rassemblent pour protester contre la réforme. Cette opposition, principalement composée du centre et de la gauche sioniste, cible deux figures principales aux côtés de Nétanyahou : le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, et le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir. Tous deux issus…
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Auteur: Nitzan Perelman, Doctorante en sociologie politique, Université Paris Cité

