Le parolier québécois Luc Plamondon a ciselé pour Starmania un français universel, sonore, métissé. Alliée aux mélodies composée par Michel Berger, cette langue a contribué à l’immense succès de l’opéra rock, standard du patrimoine musical francophone.
C’est un succès qui ne se dément pas depuis 45 ans. Après deux saisons successives à la Seine musicale de Boulogne puis deux tournées en France, la quatrième version française de l’opéra rock Starmania, composé par Michel Berger et écrit par Luc Plamondon, a pris ses quartiers d’été 2024 au Québec, là même où l’aventure d’une collaboration franco-québécoise a commencé en 1976.
Le remake mis en scène par Thomas Jolly, également directeur artistique de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris a déjà dépassé le million d’entrées dans l’Hexagone. L’intemporalité de l’œuvre réside dans ses thèmes de prédilection, comme l’écoanxiété ou la révolte de la jeunesse, des motifs qui s’invitent dans l’Histoire des XXe et XXIe siècles.
Les mélodies de Michel Berger semblent n’avoir pas pris une ride mais la modernité de Starmania tient aussi au ciselage d’un français aussi universel qu’il est sonore : âpres comme harmonieux, les mots de Luc Plamondon font rocker la langue française des deux côtés de l’Atlantique. Ils contribuent au succès populaire des tubes de cette dystopie devenue un standard du patrimoine dramatico-musical francophone.
La vocation poétique : illustrer la langue par la chanson
Bercé par les « tounes » (« chansons » en québécois) de Félix Leclerc, familier des expressions de La Bolduc (considérée comme la première auteure-compositrice-interprète québécoise), Luc…
La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Bernard Jeannot-Guerin, Enseignant chercheur en études culturelles, Université de Lorraine

