L’Université en zone grise : remettre de la clarté dans le débat et dissiper le brouillard des polémiques
La dernière affaire en date, à Lyon, ne fait pas exception. Elle est simplement sans doute encore plus confuse que les précédentes, parce qu’elle combine deux incidents en zone grise : l’organisation d’une rupture du jeûne par un collectif étudiant dans une salle de cours « occupée » par ce collectif, et son interdiction par la présidence de l’université ; et une prise de position médiatique au vitriol d’un enseignant de la même université subodorant une complaisance de la communauté universitaire envers un « blocage islamiste », suivie de l’interruption d’un de ses cours par des nervis cagoulés. La Libre Pensée ne participe pas aux controverses médiatiques dont la fonction est de créer de la confusion. Viscéralement attachée à la défense de la liberté académique, elle considère que son rôle est au contraire de rétablir un peu de clarté dans un brouillard savamment entretenu. C’est l’objet de cette déclaration.
La liberté académique n’est pas un droit attaché aux personnes, mais une liberté publique attachée à l’exercice d’un métier
Il n’y a pas de recherche scientifique sans garantie statutaire d’une indépendance vis-à-vis de tous les pouvoirs, indépendance qui inclut à la fois le droit à l’interrogation illimitée des opinions établies, et le droit de partager cette interrogation et ses conclusions provisoires auprès des autres scientifiques travaillant sur ces sujets. Les scientifiques peuvent donc se prévaloir d’une liberté d’opinion et d’investigation absolue dans le cadre de leur métier, et uniquement dans ce cadre. Cette liberté, au demeurant, n’est pas une licence puisqu’elle est bornée par les protocoles de dispute professionnelle internes au champ concerné.
L’Université est l’institution chargée simultanément de cette tâche de critique…
Auteur: Christian EYSCHEN

