Après le naufrage collectif de ces dernières semaines, rappel historique
Va-t-il falloir sortir Manouchian du Panthéon et débaptiser les rues Jean Moulin ? Effacer l’antifascisme des livres d’histoire ? On pourrait le croire depuis un mois et la mort d’un néo-nazi à Lyon. Les médias dominants diabolisent les «antifas», la droite réclame qu’ils soient classés comme «terroristes» comme aux USA, et la gauche – même celle dite «radicale» – s’est empressée de «condamner» la violence tout en s’abaissant à faire une minute de silence pour le fasciste défunt. Nous avons assisté à un naufrage collectif. En cause : la lâcheté, mais surtout une absence totale de culture historique.
L’antifascisme n’est pas une injure, il est une nécessité. Il est au cœur de l’histoire de la gauche. Ces derniers jours, on a pu entendre des responsables socialistes affirmer qu’ils s’opposent à l’antifascisme de rue et que, pour eux, il faut s’inspirer du Front Populaire, cité comme un exemple de pacifisme. On peut difficilement se tromper autant. Car l’autodéfense antifasciste est la base même du Front Populaire, le vrai, celui de 1936. Elle en est l’origine !
Dès les années 1920, des défilés d’extrême droite ont lieu dans la rue, les fascistes commettent des violences et attaquent des militant·es. Le point culminant, c’est l’émeute fasciste de 1934 devant le Parlement, une tentative de coup d’État. En réponse, 3000 comités locaux antifascistes fleurissent partout, jusque dans les petites communes. Les militant·es des différents mouvements et partis de gauche manifestent pour exiger l’union, afin de barrer la route au fascisme. C’est ainsi qu’ils forcent les dirigeants à créer le Front Populaire.
Cette coalition appelait explicitement à s’opposer aux groupes d’extrême droite, dans les urnes comme dans la rue. Et ironiquement, l’union des droites à l’époque…
Auteur: B

