Le fait que le bouddhisme ne reconnaît pas de dieu ne suffit évidemment pas à faire qu’il ne soit pas une religion, car il coche toutes les cases définissant une religion, aux plans historique, philosophique et sociologique (1). Il n’existe d’ailleurs dans le monde aucun bouddhologue sérieux, bouddhiste ou non, pour nier cette évidence.
Quelle mouche a bien pu piquer l’UBB ? Entendait-elle ainsi se faire mieux admettre dans un monde moderne en manque de références spirituelles, en se faisant passer pour une simple sagesse dont tout un chacun (croyant ou non) pourrait faire son miel ?
Quoi qu’il en soit, cette prétention est non seulement trompeuse, elle est aussi contreproductive, car si le bouddhisme belge avait demandé à être reconnu au même titre que les autres cultes reconnus, à savoir les cultes catholique (1830), israélite (1830), anglican (1835), protestant-évangélique (1876), islamique (1974), orthodoxe (1985), il aurait obtenu gain de cause depuis belle lurette. Et ce n’eût été que justice, vu que les bouddhistes en Belgique sont probablement aussi nombreux que les israélites et les orthodoxes et sûrement plus nombreux que les anglicans.
Outre son caractère trompeur et son caractère contreproductif, la prétention de l’UBB apparaît aussi comme passablement ridicule au regard de la proportion infinitésimale du bouddhisme belge dans l’univers bouddhiste.
Pour rappel, le bouddhisme compte trois écoles : l’École Theravāda (± 280 millions de fidèles), l’École Mahāyāna (± 320 M) et l’École Vajrayāna (± 20 M, soit environ 10 M de la tendance Shingon au Japon et 10 M de la tendance lamaïste (ou bouddhisme tibétain) dans l’Himalaya et en Mongolie (2). Le bouddhisme tibétain lui-même se subdivise en quatre écoles : Sakyapa (école de la terre claire), Nyingmapa (bonnets rouges), Kagyupa (bonnets noirs) et Gelugpa (bonnets jaunes, c.-à-d. l’école du dalaï-lama).
Même en postulant que…
Auteur: André LACROIX

