Depuis plusieurs mois, les autorités ont dans le collimateur Les Soulèvements de la Terre — l’un des collectifs organisateurs de la mobilisation à Sainte-Soline (Deux-Sèvres) contre les mégabassines. Reporterre s’est procuré une note des renseignements généraux datée de novembre 2022 qui révèle le long travail d’investigation mené par les services de police sur le mouvement. À l’époque, Le Parisien l’avait déjà citée dans un article.
En filigrane, la police reconnaît « l’ingéniosité », « l’intelligence » et « la communication parfaitement maîtrisée » des activistes qui ont su rallier autour d’eux intellectuels, associations et syndicats pour créer un véritable mouvement social de l’eau et devenir « un acteur majeur de la contestation écologique radicale ».
Les renseignements voient Les Soulèvements de la Terre comme une véritable menace. Ce qui expliquerait d’ailleurs le discours du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, qui réclame leur dissolution.
« Un basculement vers la résistance civile »
Le constat de la note est éloquent. Les Soulèvements de la Terre auraient réussi à « incarner le concept de transversalité des luttes » et « joué un rôle majeur dans la diffusion et l’acceptation de modes opératoires plus offensifs » : « En inscrivant les actions de sabotage dans une logique défensive des biens communs menacés, ils ont ingénieusement convaincu des militants habituellement adeptes d’actions de désobéissance civile à basculer vers la résistance civile », écrivent les renseignements.
La note évoque aussi la création d’un « white » et d’un « blue » bloc, directement inspiré des black bloc où les activistes viendraient masqués avec des combinaisons de même couleur pour rester anonymes et « commettre des exactions ». Les services de renseignements insistent sur « le noyau dur d’ultragauche » qui compose le mouvement, et tout particulièrement les militants de Notre-Dame-des-Landes « aguerris et forts de l’expérience zadiste ». Ces activistes auraient vite été rejoints pas un autre panel de militants plus jeunes et plus écologistes, liés notamment à Extinction Rebellion (XR). « Les Soulèvements de la Terre ont créé une forme de syncrétisme militant », expliquent-ils, mêlant « massification et radicalité ».
« Capacité d’influence » et « séduction »
Dans cette note de huit pages, les renseignements définissent plusieurs « profils types » et citent le parcours individuel de militants et militantes engagées sur les questions écologiques. Au total, une vingtaine de noms ressortent du document qui mentionne aussi des personnalités publiques comme l’anthropologue
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Auteur: Gaspard d’Allens Reporterre

