À l’occasion de la Fête de la musique, le 21 juin, Reporterre a eu envie de tendre l’oreille aux chansons qui parlent d’écologie, frontalement ou en creux. Des morceaux qui dénoncent, alertent, racontent ou tout simplement rappellent notre lien au vivant, à ce qui s’effondre et pourrait renaître.
Voici une sélection subjective de seize titres, choisis par la rédaction. Une playlist — à retrouver entièrement ici — où se croisent rap, folk et variétés, avec cette question en filigrane : que nous dit la musique de notre époque et de ses déséquilibres ? Et comment, parfois, elle nous aide à les regarder en face et à les traverser.
« Demain c’est loin » — IAM (1997)
Classique absolu du rap, ce morceau-fleuve de neuf minutes déverse une chronique sans fard d’une jeunesse prise au piège du béton, reléguée dans les marges de la République. Sans refrain, sur une boucle instrumentale minimaliste, Shurik’n et Akhenaton racontent un quotidien de murs, de tensions, de débrouille et de débâcle.
La nature est absente, sinon dans les noms des bâtiments — « Jolis noms d’arbres pour des bâtiments dans la forêt de ciment ». Le texte parle d’une ville grise, saturée, dense, où l’on apprend à survivre plus qu’à grandir. Dans cette réalité bétonnée, l’horizon est bouché. Le futur n’existe pas vraiment, pas par manque d’envie, mais parce que tout pousse à vivre au jour le jour.
Le titre en dit long : Demain c’est loin, comme une ligne floue, inaccessible, quand on vit au ras du goudron. – A.-R.K.
Punchline : « Tu baves du béton, craches du béton, chies du béton. »
« Les Voleurs d’eau » — Imany (2021)
Écrite à l’origine en 1989 par l’immense chanteur Henri Salvador, Les Voleurs d’eau a depuis été reprise par de nombreux artistes — mais aussi par des chorales militantes, qui en ont fait un hymne…
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