Sociologues, géographes, historiens ou anthropologues alertent depuis près d’un demi-siècle sur la façon dont les « quartiers populaires » sont représentés dans les médias et les imaginaires, leurs réalités instrumentalisées par le monde politique ou les pistes proposées par les pouvoirs publics insuffisantes.
Pour The Conversation, quatre de ces universitaires reviennent en détail sur la façon dont la société française et ses représentants politiques se sont positionnés vis-à-vis de ce qu’on a nommé les « banlieues », les « cités » ou les « quartiers populaires », termes désignant ces grands ensembles d’habitations nées aux marges des métropoles françaises après-guerre. Leurs réflexions balaient le traitement médiatique de ces lieux et leurs habitants, leur politisation et les tensions qui les traversent.
Quel est le traitement médiatique de ces espaces, comment contribue-t-il à construire une image et un discours sur ces lieux à travers les années ?
Julie Sedel : Rappelons d’emblée que ce traitement médiatique a beaucoup évolué et qu’il faudrait de nouvelles enquêtes aujourd’hui, dans un contexte autre pour le qualifier. Le travail que j’ai mené s’attachait, dans un premier temps, à mettre en évidence les cadrages journalistiques successifs associés aux « banlieues », des années 1960 à 2002, en s’appuyant sur les archives de l’INA et de presse écrite.
S’il existe des prémices avant, le terme « émeute » entre dans le vocabulaire courant en 1990 lors des soulèvements à Vaulx-en-Velin pour s’installer durablement dans le débat public.
À Vaulx-en-Velin, dans la banlieue Lyonnaise, émeutes, incendies, pillages et affrontements avec les forces de police à la suite de la mort controversée, samedi 6 octobre 1990, de Thomas Claudio, passager d’une moto percutée par la police (INA).
Parallèlement, j’ai mené…
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Auteur: Eric Marliere, Professeur de sociologie à l’université de Lille, Université de Lille

