Ils ont fait plusieurs centaines de kilomètres pour se réunir devant le siège de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine, à Pantin (Seine-Saint-Denis). Depuis Toulouse, Grenoble, Marseille, Lille, Roubaix ou Amiens, une cinquantaine de collectifs d’habitants de quartiers populaires et d’associations ont organisé, ce mercredi 7 février, une action devant le siège ultramoderne de l’Anru, pour protester contre la démolition de leurs habitations.
L’agence, qui célèbre son vingtième anniversaire cette année, est pointée du doigt pour ses vastes projets de renouvellement urbain, et notamment sa politique de destruction de logements sociaux. Une petite centaine de personnes étaient présentes – un rassemblement d’une ampleur inédite.
Certains collectifs sont venus en groupe, comme la petite vingtaine de personnes qui a quitté Besançon à l’aube. Bruno, de l’antenne locale de la Confédération nationale du logement en fait partie. Il habite le quartier de la Planoise où se trouvent 6 000 logements sociaux. « Environ 1 200 vont être démolis », regrette-t-il. « Les logements sont plutôt en bon état. Mais cela ne suffit pas pour la municipalité qui considère qu’il y a trop de pauvres. Elle veut faire de la place pour reconstruire des logements destinés à des ménages plus aisés. Sous couvert de mixité sociale, on rejette les plus précaires qui vivent là depuis des années. »
Démolition apprise par la presse
C’est le cas de Dalila. Elle fait partie des derniers locataires à ne pas être partis de l’immeuble de onze étages. « J’ai su que mon logement allait être démoli dans une revue locale, un peu par hasard. Et puis en novembre 2022, on a reçu une lettre nous expliquant que le préfet avait accepté la démolition du bâtiment », raconte celle qui loge dans le quartier depuis près de 18 ans.
Cette politique consiste à virer les pauvres de la…
La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Hugo Boursier

