Journaliste écologique hyper respecté, Hervé Kempf a refait à Montpellier son coming out vertement anticapitaliste ; mais en esquivant bien des clarifications nécessaires.
Qu’est-ce que ça fait du bien d’appeler un chat un chat ! Ce sentiment flottait mercredi soir sur le public réuni à la Carmagnole. Installé dans le quartier Figueroles, ce lieu associatif, culturel et militant, tout à fait respectable sur un versant plutôt senior, cultive une fibre « gauche de gauche », entre mélenchonisme et altermondialisme. Le chat qu’on était en train d’attraper après l’avoir enfin désigné, n’était autre que le capitalisme.
A la manœuvre et au micro – invité conjointement par le groupe montpelliérain de Greenpeace – Hervé Kempf était venu présenter son dernier ouvrage, au titre percutant : Que crève le capitalisme – Ce sera lui ou nous, récemment paru aux très social-démocrates éditions du Seuil. L’homme a le propos clair ; jamais un mot plus haut que l’autre, il écoute attentivement les questions qui lui sont posées, et prend réellement soin d’y répondre. Hervé Kempf est une figure éminemment respectée du combat écologique. Journaliste de profession, jugé trop radical il fut évincé par Le Monde, après y avoir été titulaire de la rubrique ad-hoc. Depuis lors, il anime brillamment le quotidien en ligne Reporterre, consacré au combat écologique.
Ramené à cette galaxie écolo, où se bousculent de jeunes primo-militants, ou convertis hésitants, fraîches consciences en pleine phase de découverte, la déclaration résolument anticapitaliste d’Hervé Kempf a une puissante vertu clarificatrice. « Il faut nommer l’adversaire, assène-t-il d’entrée de jeu. Ce livre s’adresse au mouvement émancipateur qui se manifeste dans la société. On y trouve souvent un excès de candeur, dont Nicolas Hulot est typiquement représentatif. C’est l’idée que nos dirigeants seraient…
Auteur: Le Poing
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