Au cours de l’été 2024, les sportives et sportifs de haut niveau (SHN) sont mis à l’honneur dans le cadre des Jeux olympiques et paralympiques (JOP) qui se déroulent à Paris. Il sera prioritairement question de leurs performances sportives et du nombre de médailles olympiques glanées. Mais que deviennent toutes ces personnes au terme de leur carrière sportive ?
Cette question, peu investie par les sciences sociales françaises, est au cœur d’un vaste de projet de recherche mené par l’équipe de sciences du sport de l’Université Gustave Eiffel. Si de nombreux travaux se sont intéressés aux carrières sportives (voir ici, sur les coureurs marocains dans l’athlétisme français ou encore ici, sur les joueuses françaises de tennis, peu ont en effet porté le regard sur les trajectoires professionnelles après la carrière sportive.
La période de transition entre l’arrêt de la carrière sportive et l’insertion professionnelle (qui ne sont pas forcément dissociées dans le temps) est celle qui, sur le plan sociologique, a certainement donné lieu à la plus importante production scientifique.
La qualité de cette transition va être influencée par plusieurs facteurs, tels que la cause de l’arrêt de la carrière sportive, l’adaptation de l’individu (quelqu’un ayant une identité unidimensionnelle liée au sport, va être confronté à une menace de perte d’identité), ainsi que les ressources disponibles (notamment la planification de la retraite sportive).
Une forte méconnaissance de cette population
Pour bénéficier du statut de sportive et sportif de haut niveau, il faut être inscrit sur des listes ministérielles sur proposition des fédérations sportives selon les performances atteintes. Les SHN inscrits sur la liste arrêtée par le ministère chargé des Sports se répartissent dans les quatre catégories : relève, senior, élite et reconversion. Le statut de SHN offre un certain nombre…
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Auteur: Jérémy Pierre, Maître de conférences en sociologie du sport, Université Gustave Eiffel

